N’éteins pas la lumière est un thriller de Bernard Minier édité aux éditions XO et disponible en poche chez Pocket. Il s’agit de la troisième enquête de Martin Servaz
« Tu l’as laissée mourir… »
Le soir de Noël, Christine Steinmeyer, animatrice radio à Toulouse, trouve dans sa boîte aux lettres le courrier d’une femme qui annonce son suicide. Elle est convaincue que le message ne lui est pas destiné. Erreur ? Canular ? Quand le lendemain, en direct, un auditeur l’accuse de n’avoir pas réagi, il n’est plus question de malentendu. Et bientôt, les insultes, les menaces, puis les incidents se multiplient, comme si quelqu’un cherchait à prendre le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s’effondre. Avant que l’horreur fasse irruption.
Dans les ténèbres qui s’emparent de sa vie, la seule lueur d’espoir pourrait bien venir d’un certain Martin Servaz.
Après une introduction particulièrement gore et éprouvante, j’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans ce troisième opus des enquêtes de Martin Servaz. L’introduction un peu longue avec Christine Steinmeyer en est la principale raison. D’autant plus qu’on ne voit pas le lien avec Servaz, qui va mener de son côté une enquête officieuse qui ne semble pas du tout liée.
Pourtant, petit à petit, la tension commence à monter par petites touches un peu (trop) espacées.
En revanche, une fois que les bases de l’histoire sont posées, on découvre un thriller psychologique particulièrement retors et une nouvelle fois très éprouvant. L’auteur nous mène très habilement par le bout du nez. Il développe une trame perverse sur fond d’emprise et de violences faites aux femmes.
Plus l’intrigue se déroule, plus le sang du lecteur se glace. Il va être plongé dans une atmosphère schizophrénique où la folie semble être le seul terminus possible avec le mal absolu comme guide.
Le scénario est excellemment bien ficelé et va réserver des coups de théâtre surprenants mais très bien trouvés.
J’aime aussi beaucoup le personnage de Servaz qui apparaît ici fragilisé. On n’est pas dans un schéma de super inspecteur sans faille. C’est aussi une des forces de ces thrillers : l’enquêteur est humain, avec tout ce que cela implique dans ses actions, parfois moralement discutables.
Au final, malgré un début un peu poussif, N’éteins pas la lumière s’avère être encore un bon thriller de Bernard Minier, bien documenté et vraiment haletant dans sa deuxième moitié, qui explore les recoins les plus sombres de l’âme humaine.