Suby's world V6

La doublure

La doublure est un roman de Mélissa Da Costa paru en octobre 2022 aux éditions Albin Michel et disponible en format poche chez Le Livre de Poche depuis octobre 2023

4ème de couverture de La doublure

Passion, faux-semblants, emprise… Qui manipule qui ?

Une jeune femme fragile en quête d’un nouveau départ.
Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré.

Un trio pris au piège d’un jeu cruel et d’une dépendance fatale.

Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa da Costa explore, à travers l’histoire d’une passion toxique, la face obscure de l’âme humaine et les méandres du désir. Après les succès de Tout le bleu du ciel, des Lendemains, et de Je revenais des autres, romans aux deux millions de lecteurs, elle révèle une nouvelle facette de son talent.

Fiche technique
de La doublure

Mon avis :

Jusqu’à présent, je n’avais lu que les deux premiers romans de Mélissa Da Costa et tous les deux traitaient de résilience. Si le début de ce roman semble partir sur la même veine, on sort cependant très rapidement de ce schéma. En effet, l’autrice a su se renouveler en prenant de gros risques avec cette histoire prenante et dérangeante. Art, sexe, drogue et emprise sont les principaux thèmes qui émergent d’un scénario qui flirte presque avec le thriller.

Un drame psychologique dérangeant

Evie Perraud est à un tournant de sa vie. Son marin de petit-ami veut fonder une société en Amérique du Sud et part sans elle. Lasse des petits boulots et bien décidée à reprendre sa vie en main, elle commence alors à prospecter pour un emploi moins précaire. Elle rencontre le séduisant Pierre Manan qui lui propose un poste des plus étrange : devenir la secrétaire particulière ainsi que la doublure médiatique de sa femme, Clara, artiste peintre qui commence à percer sous le pseudonyme de Calypso Montant…

Evie entre dans l’intimité du couple Manan et découvre le pouvoir cruel que Clara exerce sur son mari. Une emprise qui ne tarde pas à se poser aussi sur sa personne. Mais la gentille Evie commence à changer, devient moins docile. Un jeu de manipulations aussi dramatiques que perverses commence à se mettre en place.

Une construction remarquable

La construction de ce roman relève du génie : des thèmes forts sont abordés avec une fluidité machiavélique. C’est dense sans être indigeste. Bien au contraire, une fois commencé, il est difficile de lâcher ce livre.

Tout au long du roman, le lecteur plonge dans une atmosphère sombre et poisseuse, à l’image du style artistique de Calypso, le romantisme noir. D’ailleurs, plusieurs descriptions de tableaux marquants de ce courant pictural jalonnent le récit. Et une toile, en particulier, représentant le personnage de Lilith, première femme d’Adam selon les légendes juives, va devenir le fil conducteur du récit qui devient alors une transposition moderne de ce mythe. L’art est aussi présenté comme vecteur d’un message féministe puissant.

Mélissa Da Costa prend un malin plaisir à brouiller les cartes à chaque chapitre. En effet, son histoire est imprévisible de bout en bout et parvient à surprendre le lecteur en même temps qu’elle l’horrifie par la noirceur de ses personnages. On est immergé dans un climat proche de la folie. La tension monte progressivement jusqu’à un final choc que je n’avais pas vu venir et qui m’a coupé le souffle. Vraiment, cette lecture est un énorme coup de coeur.